Cipriani Potter : Symphonies. Volume 4 avec Duo concerto opus 14. Bluffant !

Avec : Julian Trevelyan, piano ; Alican Süner, violon ; Orchestre National BBC du Pays de Galles : Howard Griffiths. Label cpo.


Septembre correspond à la rentrée. Les nouveautés discographiques tombent et dessinent des étoiles dans nos regards. Cipriani Potter (1792-1871) est méconnu encore auprès du public notamment de l’hexagone. On aurait tout intérêt à ouvrir les nouvelles générations de se pencher sur de nouveaux répertoires. Elle regorge de trésors musicaux.

Compositeur, arrangeur, pédagogue britannique, il reçoit sa première formation musicale auprès de son père, altiste émérite et fondateur de la société philharmonique de Londres en 1813. Dans sa formation musicale, il se perfectionne avec un certain Joseph Woelffl, compositeur prisé en son temps. Lors d’un voyage à Vienne, il rencontre Beethoven qui l’incite à étudier le contrepoint avec Aloys Förster.

Il est un interprète reconnu comme pianiste à Londres et en Europe des concertos pour piano et orchestre de Mozart, de Beethoven avant d’enseigner le piano à l’Académie de musique de Londres avant de la diriger. Il laisse de nombreuses symphonies, des concertos pour piano au nombre de quatre qui n’ont rien à envier à John Field ou William Sterndale Bennett ; des œuvres symphoniques, de la musique de chambre riche, des œuvres pour chœur et orchestre… Richard Wagner dirigera une symphonie de Potter à Londres en 1855. De nombreux labels se sont penchés sur ce compositeur parmi lesquels on peut citer Unicorn Kanchana, Classico, Hypérion…

On est heureux aussi découvrir un nouvel enregistrement pour piano chez Naxos en ce moment par le pianiste Luke Jones dont les magnifiques Variations Enigma.
On se réjouit de ce nouvel enregistrement par un ardent défenseur du compositeur anglais et des répertoires oubliés. Howard Griffiths n’a pas son pareil, il est avec Martyn Brabbins deux Christophe Colomb anglais de la musique. Les deux symphonies présentées ici sont de belles factures et proposent quatre mouvements. La symphonie en sol mineur écrite en 1832 possède de nombreuses qualités tant sur le plan orchestral et mélodique. Cette symphonie s’inscrit dans la lignée de celles de Ferdinand Ries, élève assidu de Beethoven. Cipriani Potter possède un sens inné pour captiver notre oreille. Il en est de même pour la neuvième symphonie en Ré Majeur écrite en 1834. Elle est une jubilation totale qui n’a rien à envier aux symphonies de Mendelssohn. On est troublé. Ses deux symphonies offrent un plaisir jubilatoire.

La cerise sur le gâteau est ce duo concertant pour violon, piano et orchestre opus 14 dont les interprètes excellent sous la direction d’Howard Griffiths. Composé de trois mouvements, le premier est un allegro en La Majeur. Le second andantino en ré mineur est un moment de beauté inouïe tel le pas suspendu de la cigogne. On est saisi par la simplicité mélodique. Le troisième est un rondo souriant à la tonalité de La Majeur. La virtuosité ici se conjugue avec le chant. Ce duo concertant trouve sa source chez Viotti et ne peut m’empêcher de penser à Ludwig Spohr. Alican Süner est une violoniste de talent. Le son est pur. La justesse est au rendez-vous. Son engagement est total. Il en est de même pour le pianiste Julian Trevelyan qui réalise une carrière internationale depuis plusieurs années. Le toucher est délicat. Les deux servent au mieux le compositeur. Les musiciens d’un des meilleurs orchestres du Royaume Uni sont transcendés par la direction inspirée, précise et passionnée d’Howard Griffiths. Si ce chef d’orchestre a enregistré plus de 150 enregistrements, ce n’est pas un hasard chez de nombreux labels. Cette intégrale des symphonies de Potter est un ravissement sous sa direction.
Tout le monde connaît Harry Potter. Souhaitons que la musique de Cipriani Potter dessine des sourires un jour et vous touche au plus profond. Précipitez-vous pour découvrir ! Vous ne serez pas déçu…
Serge Alexandre

Un extrait : www.youtube.com/watch?v=YmVB5qiBlec&list=RDMMYmVB5qiBlec&start_radio=1




Serge Alexandre
Mis en ligne le Samedi 5 Septembre 2026 à 23:47 | Lu 111 fois
Serge Alexandre
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